LIBRAIRIE MOTS ET CIE

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Le complexe de Dieu

29 Janvier 2010 , Rédigé par le libraire Publié dans #LES VALEURS SÛRES

                               LE COMPLEXE DE DIEU

                                                     Marc Dubuisson

         coeur-fixe-copie-1.jpg                                             (Diantre Editions)



le complexe de dieuDécouverte du jour : Dieu va chez le psy. Une BD d’enfer !


Après le succès de La Nostalgie de Dieu, Marc Dubuisson a décidé de psychanalyser notre créateur, qui, semble-t-il, en a bien besoin ! Entre sa légère obsession pour Batman, sa misanthropie, son athéisme provocant, le « je m’enfoutisme » dont il fait preuve envers ses ouailles, notre psy a fort à faire ! Or, Dieu n’est pas un patient comme les autres, il va prendre les rênes de la discussion pour pousser son médecin dans ses retranchements, l’amener vers des interrogations existentielles et s’empresser de le tourner en dérision. Le trait simple et épuré vient souligner l’absurdité des propos et des situations, et l’élégance de l’ensemble évite de trébucher dans la trivialité gratuite. Dans une société engluée dans le consensus mou et le religieusement correct, où la laïcité est bousculée, voire remise en question au quotidien, l’humour au vitriol de Marc Dubuisson titille notre esprit. Détournement de dogmes, satire du clergé, critique acerbe de l’extrémisme, ateliers « psy » pour le Tout Puissant, l’auteur crucifie la religion et ses dérives.

 

 Avis du libraire : Hilarant !

Le grand quoi

3 Janvier 2010 , Rédigé par le libraire Publié dans #LES VALEURS SÛRES

                        Le grand quoi

         coeur_qui_bat.gif                                      Dave Eggers

                                                     (Gallimard)


 

le grand quoiPoignante épopée contemporaine d’un gamin soudanais chassé d’Afrique par la guerre mais surtout chronique authentique de la vie de Valentino Achak Deng.

 

La force de ce roman c’est de commencer par la fin : Valentino Achak Deng , émigré soudanais à Atlanta se fait sauvagement braquer dans son deux-pièces par des Afro-Américains pour un simple poste de télévision et un lecteur de DVD. Cette jungle urbaine rappelle cruellement à Valentino ce qu’il a vécu et saucissonné dans son appartement, c’est sa vie qui défile devant lui : sa famille décimée devant ses yeux, dans son village, par des milices armées car le gouvernement islamiste du Nord  s’est soudain intéressé au pétrole du Sud, zone chrétienne. Sa fuite, de frontières en déserts, à la recherche d’une terre d’accueil alors qu’il n’a que huit ans. Il repense à sa peur du lion qui attaque, la nuit, aux enfants perdus dans la brousse comme lui qui dorment serrés les uns contre les autres pour ne pas avoir froid ni mourir seuls. Il atterrit dans un premier camp de réfugiés en Ethiopie, camp qui sera attaqué. Nouvelle fuite pour enfin passer dix ans dans le camp de Kakuma au Kénya où  il trouve une famille d'adoption. Les compagnons d'infortune de Valentino deviennent enfants-soldats. Lui résiste, car il veut aller à l'école. Enfin il décroche le sésame : un visa pour l'Amérique. Après des années d'attente, il y débarque au matin du 11 septembre 2001, persuadé qu’il arrive dans un pays en guerre et que partout où il passe il porte la poisse.


Pendant quatre années, Dave Eggers a recueilli le récit de Valentino. Il a réussi à en faire un récit brut et fort, sans aucun misérabilisme. C’est surtout une leçon de courage et un magnifique hymne à la vie. Il faut noter que Dave Eggers reverse la totalité de ses droits d’auteur à Valentino qui s’en sert pour construire des écoles au Soudan. En trois ans, il a fait davantage pour son pays que la myriade d'ONG locales plus ou moins corrompues qui s'épuisent sur le terrain. 

Avis du libraire : l’homme est un loup pour l’homme, on le sait mais à ce point…

Un livre inoubliable

Prix Médicis Etranger 2009 à l’unanimité

 

 

 

 

 

 

Ce que je sais de Vera Candida

28 Décembre 2009 , Rédigé par Le libraire Publié dans #LES VALEURS SÛRES

                     Ce que je sais de Vera Candida 

                                  Veronique Ovaldé

                                             (L’Olivier)
  

vera-candida.jpg   Une fable exotique, cruelle parfois mais universelle assurément.


Rose, Violette, Vera Candida, Monica Rose, une lignée de femmes dans une île imaginaire, Vatapuna. – Véritables amazones éprises de liberté, elles sont rattrapées par la fatalité de leur lignée : celle de mettre au monde une fille de devoir l’élever seule, ne comptant que sur elles tout en dissimulant l’identité du père.

L'histoire commence presque comme dans un conte de fées pour Rose Bastumente, la grand-mère maternelle  de Vera : ancienne prostituée, devenue pêcheuse de poissons volants et vivant dans une petite cabane sur la plage. Elle pensait passer sa retraite  loin du bruit et des hommes. Mais ses rêves de tranquillité vont être contrariés par l'arrivée de Jéronimo, un riche propriétaire qui l’enlève dans sa belle villa. Hélas, en fait de prince charmant, c’est un flambeur et un goujat qui la laisse mettre au monde toute seule  sa fille Violette. De retour dans sa cabane, elle élève seule Violette qui à son tour deviendra prostituée avant de mourir en lui laissant une petite-fille,Véra Candida, pour laquelle elle sera une grand-mère aimante mais aguerrie. Afin de briser ce destin familial, Vera Candida, elle, préfère quitter Vatapuna quand elle se rend compte, à quinze ans, qu’elle est enceinte. En abandonnant sa terre natale, la jeune femme ouvrira-t-elle une brèche dans la sombre destinée des femmes de sa famille et se réconciliera-t-elle avec les hommes et l’amour?

 

Avis du libraire : Critique de la condition des femmes à travers une belle série de portraits  contemporains, le charme de ce roman réside surtout dans l'ambiance qu'il dégage. Très original.  Prix Renaudot des lycéens 2009. Prix France Télévisions 2009

 

Trois femmes puissantes

17 Décembre 2009 , Rédigé par le libraire Publié dans #LES VALEURS SÛRES

                          Trois femmes puissantes
                                                  Marie N’Diaye
                                                                (Gallimard)
trois-femmes-puissantes.jpg   La puissance n’est pas toujours l’apanage du plus fort.

 

Trois récits, trois femmes , toutes trois originaires du Sénégal .Elles s’appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité malgré les désillusions et la souffrance . Norah, la quarantaine, a quitté Paris, sa famille, sa carrière d'avocate pour rendre visite à son père, en Afrique. Elle devra faire face à la dure réalité concernant à la personnalité de son père, son égoïsme et même ses crimes. Fanta, elle, a quitté son Sénégal natal, son travail de professeur de lettres pour suivre son mari, Rudy, en France. La voilà désormais qui se morfond dans une vie médiocre, privée de tout ce qu’elle avait avant : son travail et sa famille. Enfin il y a  Khady,  le personnage le plus fragilisé et le plus violenté de ce roman, le plus puissant aussi très certainement. Cette  jeune Africaine, veuve et  contrainte à l’exil  par sa belle famille, se trouve engagée, avec d'autres clandestins, dans un voyage tra­gique qui ne la mènera nulle part, mais dont elle ne reviendra pas.

Trois femmes dont la puissance consiste à vouloir garder la maîtrise de leur vie alors que leur entourage en a décidé autrement.

 

Avis du libraire : Un livre dérangeant, j’en suis sorti un peu « sonné ». Quelle écriture !  Goncourt 2009

Terre des affranchis

9 Octobre 2009 Publié dans #LES VALEURS SÛRES

                         TERRE DES AFFRANCHIS

                                    Liliana Lazar

                                                  (Gaïa)


Une forêt inquiétante, un lac maléfique et un ogre contemporain confronté au bien et au mal, tous les ingrédients d’un conte fantastique pour adultes.

 

Cette Terre des affranchis, du nom du village roumain de Slobozia, situé au coeur de la forêt moldave est tout d’abord une terre de traditions et de superstitions.

Le roman commence avec la légende d’un lac que les habitants ont baptisé la Fosse aux lions. Ils prétendent qu’on peut y rencontrer les moroï, morts-vivants rôdant la nuit. Les Luca sont une famille parmi tant d’autres à  Slobozia. Une famille pauvre, refermée sur elle-même où le père ivrogne bat tant qu’il peut son fils Victor. Son calvaire prend fin le jour où il noie son père dans la fameuse Fosse au Lion. Il découvre ébahi que ce lieu, soi-disant infernal, le protège…Mais ce géant de 100kg ne s’en tient pas là. Plus tard, guidé par une pulsion sexuelle incontrôlable, il commet un autre meurtre, celui d’une jeune fille qui a repoussé ses avances. Alertées les autorités se mettent en quête de retrouver le coupable. Sa mère dira qu'il s'est enfui, et le cachera dans la maison familiale. D'abord convaincu qu'il est condamné à l'Enfer, Victor finit par trouver un moyen d'expier son crime en recopiant des textes de l'Église catholique, distribués clandestinement par le prêtre du village, opposant au régime. Mais le chemin de la rédemption est semé d’embûches et de crimes supplémentaires. C’est alors que le régime de Ceaucescu tombe, les bourreaux se font passer pour des résistants de la première heure  et les pulsions meurtrières de Victor trouveront un espace pour s’expliquer en toute sécurité.

 

 

Avis du libraire : Un roman totalement dépaysant, j’ai pris un réel plaisir à le lire et pour un premier roman… quel talent ! Une romancière à suivre.

 

 

 

 

 

 

 

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